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A l'issue du sommet climatique de Durban

Actualités du GERES - Communiqués de presse

L'urgence climatique attendra sagement 2020

 

Du 28 novembre au 9 décembre dernier, présent à la Conférence Mondiale de l’ONU sur le Climat (COP17), le GERES défendait la vision d’un développement propre et solidaire pour répondre à l’urgence des bouleversements climatiques qui se profilent. La délégation dépêchée sur place a suivi les négociations de près et apporte aujourd’hui un éclairage technique sur le bilan de ce sommet.

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A l’issue de deux semaines de négociations, les 194 pays réunis en Afrique du Sud se sont mis d’accord sur un nouvel accord qui succédera au protocole de Kyoto et qui devrait être défini d’ici 2015 pour une entrée en vigueur en 2020 seulement. On est pour l’instant loin de l’accord global et légalement contraignant permettant de répondre à l’objectif initial, décidé à Copenhague, de limiter le réchauffement climatique à 2°C.

La décision laisse un goût amer : « On continue de repousser les échéances. Inutile de se voiler la face, il est temps de reconnaître l’inefficacité de la Convention. On cherche à gagner du temps mais dans dix ans le contexte aura changé, les chefs d’Etat auront changé et il sera d’autant plus difficile de mettre en œuvre un accord international. Pendant ce temps, on ne lutte pas efficacement contre les changements climatiques » regrette Marina Gavaldão, directrice technique de l’Unité Climat au GERES. 

«  On continue de repousser les échéances alors que dans dix ans le contexte politique aura encore changé. »

L’accord ne tient pas compte des dernières alertes scientifiques sur les tendances du réchauffement climatique. Les négociations internationales pour arriver à un accord mondial semblent bel et bien vouées à l’échec.

L’Union Européenne, cette année, a certes haussé le ton mais est restée très isolée avec le seul soutien des pays africains et des petits Etats Insulaires (AOSIS) en première ligne des effets des changements climatiques. L’impression générale est que le reste du monde tente de gagner du temps.

La Chine, aujourd’hui le plus grand émetteur mondial en terme de volume global sait qu’elle devra un jour rejoindre le groupe des pays devant faire preuve de volontarisme en matière de contrôle de ses émissions. L’Inde, qui refuse d’être classée dans la catégorie des nouveaux pays industrialisés, est restée jusqu’au bout très réticente à l’idée de rejoindre un accord légalement contraignant. Les Etats-Unis, fidèles à leur position, ont aussi joué contre la montre. « COP17 illustre le monde divisé dans lequel nous vivons et où chacun défend ses intérêts » résume Marina Gavaldão.

« Le résultat est mitigé. On était vraiment à deux doigts d’une explosion du système onusien de consensus à 194 », témoigne Swan Fauveaud, responsable de l’Unité Climat. « C’est vraiment un indicateur de la faiblesse de la volonté politique pour relever le défi climatique. »

Les discussions techniques en suspens

Les discussions techniques, hormis le lancement du Fonds Vert dont le mode de financement reste flou, n’ont pas beaucoup avancé. Au-delà d’un accord extrêmement vague sur la feuille de route, les décisions essentielles sur le fond ont été repoussées à la prochaine conférence sur le climat qui se tiendra au Quatar en 2012.

«Le GERES accueille favorablement le prolongement des marchés du carbone à travers la reconduction du Protocole de Kyoto.»

A Durban, tous les yeux étaient rivés sur le prolongement du Protocole de Kyoto qui avait, entre autres, permis la mise en place de mécanismes encourageant la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Une seconde période de cet engagement a été actée par l’Europe et quelques pays jusqu’en 2020. Le GERES accueille positivement la nouvelle et continuera de militer pour un meilleur accès à l’énergie propre des populations les plus pauvres.

Cependant, le GERES sonne l’alerte sur la décision d’inclure dans ces mécanismes le Captage et Stockage de Carbone (CSC), une technologie d’enfouissement permettant soi-disant de réduire les émissions de CO2 et qui a été rendue effective à Durban. « C’est une fausse solution qui consiste à trouver un récipient plutôt que de couper le robinet, souligne Swan Fauveaud. On n’intervient pas à la source. De plus, la capture et la compression de CO2 sont très énergivores et potentiellement dangereuses. »

«Au regard du rythme actuel des engagements, le monde se dirige vers un réchauffement de 3 à 6°C.»


Le manque total de volonté des Etats à contribuer ensemble à la limitation du réchauffement climatique à 2°C d’ici 2100 par rapport aux niveaux préindustriels est alarmant. Au regard du rythme actuel des engagements pris par les pays, ce réchauffement devrait se situer entre 3 et 6°C. Les conséquences seront irrémédiables pour les pays du Sud et les coûts associés en termes d’adaptation seront astronomiques. A Durban, comme à Cancun et Copenhague, l’urgence climatique n’a pas été entendue.

 

Contact presse

A lire, le décryptage de COP17

avec Coordination Sud : Les Echos de Durban

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Cindy CAO
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Tel : +33 (0) 4 42 18 61 18

 

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Premières analyses de Coordination Sud à la clôture de Durban